Solo-Vélo-Canada

MONTRÉAL, QC — 2015/07/11

Ça fait des années que l’idée germe dans ma tête : un voyage sur une longue distance pour aller à la rencontre des gens et en apprendre plus. Plus sur les gens, plus sur le monde, plus sur moi.

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Le projet a pris plusieurs formes qui ont changé et se sont modifiées avec le temps qui passait. J’ai voulu visiter et travailler dans les vieux pays avec mon sac sur le dos, traverser le globe pour apprendre à surfer les vagues australiennes, faire le tour du Québec et des communautés autochtones sur le pouce, descendre rendre visite à des amis Péruviens à vélo.

Toujours cette idée de parcourir du territoire et d’aller vers les gens pour modifier ma perspective et vivre des expériences à raconter.

Mais je ne suis jamais parti. Soit je me laissais rattraper par le mode de vie sédentaire (avec ses longues années d’étude, sa recherche maladive de stabilité/sécurité, sa capacité à nous faire accumuler les possessions matérielles qui nous découragent à trop se promener), soit je me dégonflais et me sabotais quelques mois avant le départ prévu.

Avec un peu de recul, je me rends compte que j’ai rêvé ces projets en solitaire à chaque fois. J’en parlais très peu à mon entourage et je recevais mal les inquiétudes et questionnements de ce dernier quand je le faisais. Je finissais par intégrer leur remise en question ce qui empoisonnait mon désir de partir à l’aventure. Comme à mon habitude, je faisais primer les préoccupations et conceptions des autres sur mes propres idéaux et aspirations.

Jusqu’à une nuit l’automne dernier où, ivre de festivités, d’alcool et de passion, pour combler le silence rempli de malaise qui précède l’entrée dans sa chambre, j’ai laissé échapper l’idée de voyage qui me trottait dans la tête à mon hôtesse.

« C’est cool ! Si c’est c’qui te tente, tu devrais l’faire ! », m’a-t-elle répondu en souriant.

Je ne sais pas si c’est l’inhibition due à mon intoxication, l’alignement des astres dans l’univers ou la réponse un peu détachée de cette voyageuse déjà aguerrie – peut-être un mélange des trois – mais c’est à ce moment précis que je l’ai réalisé : si je ressens le besoin de voyager, la seule approbation qui compte, c’est la mienne.

Ça m’a fait un bien inouï d’en prendre conscience ! Une libération face au regard et attentes extérieurs. Une réappropriation de mes trippes, que j’entendais clairement pour une première fois. Un LEVEL UP dans le jeu vidéo de la vie.

Donc je pars ! Le projet ? Emprunter les voies cyclables pour faire le trajet de Vancouver jusqu’à Montréal sur ma monture.

2014-10-19 Estrie (2)

Jacquot lors de sa première longue sorti à l’automne dernier : aller-retour Brossard-Sherbrooke en un weekend

Cette fois, ce n’est pas qu’une belle idée romantique que je traîne dans l’arrière boutique de ma boîte à poux.

Depuis cette nuit-là, j’ai été chercher l’aide d’une kinésiologue pour me préparer physiquement, j’ai quitté mon emploi pour me laisser le loisir de prendre le temps nécessaire au trajet, je me suis équipé pour un voyage longue durée à vélo, j’ai lu tout ce que j’ai pu trouver sur des expériences similaires et j’ai planifié un itinéraire en trois mois.

Plus j’en parlais et je me mettais en action, plus je sentais la motivation grandir en moi. Et plus la motivation prenait sa place, plus je sentais le support et l’encouragement de mon entourage.

C’est pourquoi je t’invite toi, lecteur/rice, à suivre le périple !

Sous le thème Solo-Vélo-Canada, je te propose une série de textes hebdomadaires qui raconteront mon aventure tout au long des 5 300 kilomètres que je pédalerai. Le tout agrémenté de photos et d’anecdotes cocasses propre à ma plume !

Au plaisir de te savoir au rendez-vous !

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Prochaine date de tombée : 2015/07/18 – Équipement